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Le prix d’un vol d'une durée de 30 heures entre Paris - Sydney, équivaut à celui d’Alger-Paris dont la durée est de 2 heures. (Infographie Medianawplus)

La souffrance des étudiants algériens en France face à la hausse des prix des billets d’avion

Amira Mahfoudi/ Medianawplus

 

A l’approche des vacances de fin d’année, la détresse chez les étudiants algériens en France atteint son paroxysme. Isolement social pendant les confinements successifs, cherté des billets d’avion Algérie-Paris et faiblesse de l’offre : les étudiants poussent leur cris du cœur.

Un tweet qui a fait le tour de la toile ces dix derniers jours. Ce ressortissant algérien établi en France ayant préféré payer un séjour en Turquie pour voir sa mère au lieu de se rendre en Algérie. La raison : les billets sont chers et les places se font rares. L’accès à l’Algérie est devenu un casse-tête pour un bon nombre de la diaspora algérienne en France.
Une partie de celle-ci est constituée d’étudiants. Ces derniers n’ont qu’un souhait : pouvoir se procurer un billet d’avion à bas coût, compatible avec leur budget mensuel d’étudiant.
Avec ce budget, il est quasiment impossible de débourser entre 650 et près de 1000 euros pour réserver un billet  aller-retour sur la ligne Paris-Alger. C’est le cas de Koceila, étudiant algérien à Tours : « Étant étudiant, j’économise mais si je rentrais en Algérie, à mon retour mon compte sera à 0 euro donc je reportais ce projet », explique t-il.

l’Algérie demeure l’une des plus chères destinations au monde. Celle-ci trône à l’échelle de cherté des transports aériens des pays du Maghreb. Un billet  d’avion reliant la Tunisie à la France coûte deux fois moins cher que celui  reliant Alger-Paris.

Il s’avère que le prix d’un vol d’une durée de 30 heures entre Paris et Sydney, équivaut à celui d’Alger-Paris dont la durée est de deux heures.

Outre le fait, que les étudiants constituent une population particulièrement vulnérable au problèmes de santé mentale, le mal-être des étudiants est non seulement dû a l’ isolement social, suite aux confinements successifs en France ;mais aussi , a la fermeture quasi totale des frontières algériennes. Cela commence à peser lourd pour certains : « C’est un coup très dur de voir son propre pays fermer ses portes devant ses ressortissants. Je me sens mal et cela joue sur mon moral, mon attitude, mes émotions et mon humeur » déplore Walid, étudiant âgé de 25 ans à Paris.
Chez d’autres, le sentiment d’exclusion est plus fort : « Je ne me sens plus algérien, je ne peux pas rentrer chez mes parents. Mon pays, c’est ma deuxième maison qui a fermé ses portes devant moi » regrette Koceila, étudiant à Tours. Sa crainte est de rater un événement familial important « Ma sœur va se marier et j’ai peur de ne pas pouvoir être à ses côtés pendant le jour le plus important de sa vie.»

Répondant à notre appel à témoin, une maman exprime un profond sentiment de lassitude, car, elle n’arrive pas à réserver un billet pour sa  fille étudiante à Paris : « Depuis octobre nous essayons de trouver un billet pour notre fille, mais sans succès. Nous avons fait tous les points de vente et nous continuons à le faire», témoigne la dame.

A deux semaines des vacances de fin d’année, l’envie d’être en famille est de plus en plus forte : « Mes amis d’enfance, mes parents et mes frères me manquent terriblement. Je passerai des vacances si tristes loin d’eux. » confesse Imène, étudiante en psychologie à Tours.
Ce sentiment  n’est pas spécifique de la population étudiante. La détresse est généralisée : « Je suis financièrement stable et pourtant, je ne me permets pas d’acheter un billet à ce prix », affirme Hamid, salarié dans une entreprise privée en Touraine. « Mes enfants ne cessent d’insister pour y aller. mais,cela peut couter 3000 euros pour une famille, ça dépasse l’entendement.» ajoute t-il.
Les réclamations des émigrés sur les réseaux sociaux, ont fini par faire réagir les hautes autorités du pays. Mardi 9 novembre, le Premier ministre algérien Aymane Benabderrahmane a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les causes de cette hausse anormale des prix.

L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud,  a pour sa part, soulevé le problème, au deuxième jour de la conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires algériennes à l’étranger.

Le premier ministre a reconnu que les prix des billets étaient « excessivement chers» et inaccessibles aux membres de la communauté algérienne à l’étranger. “Il a été constaté des pratiques, qui dissuaderaient les membres de la communauté algérienne a l’étranger de se rendre dans leur pays, et, en fonction des résultats de l’enquête, des mesures nécessaires seront prises ,pour permettre à nos ressortissants de rester en contact permanent avec leur patrie”, a-t-il expliqué
A ce sujet, nous avons contacté les services de communication de l’Ambassade d’Algérie en France pour obtenir des informations sur les éventuelles mesures qui vont être prises, mais,, a ce jour nous n’avons toujours pas reçu de réponse.

Scénario inattendu :

Le Premier ministre Aymen Benabderrahmane, comprend les critiques des Algeriens envers l’entreprise étatique, mais aussi contre les autres compagnies étrangères actives, en particulier sur la ligne Alger-Paris. « Je partage pleinement cette préoccupation », a-t-il indiqué à l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud.

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