Prix des carburants : à Blois, les automobilistes témoignent alors que le gouvernement renforce les aides

La hausse des prix des carburants pèse de nouveau sur le budget des automobilistes. À Blois, les témoignages recueillis à la pompe illustrent des situations très différentes, entre résignation, difficultés à faire le plein et changement de véhicule. Face à cette hausse, le gouvernement a annoncé mardi 22 septembre plusieurs mesures ciblées, dont l’élargissement de l’aide de 100 euros destinée aux « grands rouleurs ».
Par Nawel Thabet / Medianawplus
À la pompe, la hausse du prix des carburants se fait sentir. À Blois, automobilistes et professionnels rencontrés dans les stations-service témoignent de l’impact du prix de l’essence et du gazole sur leurs dépenses quotidiennes.
Pour certains, il faut désormais réduire les déplacements ou trouver des solutions pour limiter la douloureuse facture. Pour d’autres, le plein devient une dépense particulièrement difficile à absorber.
« Un prix qui est de 2,40 euros le gazole »
François, retraité, constate lui aussi la hausse des prix à la pompe.
« Un prix qui est de 2,40 euros, le gasoil. Alors, ce n’est pas évident, mais il faut l’accepter, en espérant que ça s’arrange », témoigne-t-il.
Un constat qui traduit le sentiment de résignation de certains automobilistes face à l’évolution des prix.
« Je n’ai pas les moyens de faire le plein »
Pour Olivier, routier, la situation est beaucoup plus difficile. « Ça devient pénible, c’est même agaçant. […] Je m’arrête à 35 euros, je ne peux pas faire le plein. J’étais à sec, je n’ai pas les moyens. Même quand on est routier, on ne peut pas », témoigne-t-il.
Son témoignage illustre les difficultés rencontrées par ceux dont l’activité professionnelle dépend directement de leur véhicule et du carburant.
« Je prends la voiture de ma femme »
Pour Nicolas, la hausse du prix du gazole l’a conduit à modifier ses habitudes.
« Je prends la voiture de ma femme, essence, pour que je roule. Je n’utilise plus ma voiture car le gazole est très cher », explique-t-il.
Ahmed, de son côté, se montre plus mesuré : « C’est cher un peu, mais ça va, il y a bien pire. »
Des réactions différentes qui montrent que l’impact de la hausse des prix du carburant varie selon les situations, les revenus et les besoins de déplacement.
Le gouvernement élargit l’aide aux « grands rouleurs »
Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a annoncé mardi 22 septembre un élargissement de l’aide destinée aux « grands rouleurs ». Le nombre de bénéficiaires potentiels doit passer d’environ 3 millions à 5,5 millions de personnes, avec une prolongation du dispositif jusqu’à la fin de l’année.
L’aide de 100 euros avait été instaurée en 2026 pour les travailleurs utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles et remplissant certaines conditions de revenus et de distance parcourue. Le dispositif actuellement ouvert permet notamment de demander cette indemnité jusqu’au 30 septembre 2026.
Le gouvernement présente désormais cette aide comme représentant, pour les bénéficiaires, l’équivalent d’environ 40 centimes par litre sur deux mois en moyenne, selon les annonces de la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon.
La prime carburant des employeurs relevée
Autre mesure annoncée : le plafond de la prime carburant défiscalisée que les employeurs peuvent verser à leurs salariés doit passer de 600 à 1 000 euros.
Le gouvernement a également annoncé la reconduction jusqu’à la fin de l’année de plusieurs dispositifs destinés à certains secteurs particulièrement exposés à la hausse des prix du carburant.
Des mesures pour les aides à domicile et les infirmiers
Les aides à domicile et les professionnels de santé faisant de nombreux kilomètres sont également concernés par les annonces.
Pour les aides à domicile, le gouvernement prévoit notamment une hausse de l’indemnité kilométrique, tandis que des mesures spécifiques doivent accompagner les professionnels parcourant d’importantes distances.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé un dispositif spécifique pour les infirmiers parcourant plus de 100 kilomètres par jour, avec notamment un « bonus territoire ruralité » de 80 euros.
Une facture annoncée de 450 millions d’euros
Selon le gouvernement, l’ensemble de ces nouvelles mesures représente un coût budgétaire d’environ 450 millions d’euros. Elles interviennent alors que les prix des carburants restent sous pression dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et énergétiques.
À Blois, derrière les annonces nationales, les automobilistes continuent surtout de regarder le prix affiché à la pompe. Et pour certains, comme Olivier, chaque plein devient désormais un véritable problème de budget.