
Campus socialiste à Blois : Olivier Faure se pose en candidat pour 2027 et annonce « l’heure du socialisme écologique »
- Nawel Thabet
- 29 août 2026
- Non classé
- #Olivier Faure, #parti socialiste, #PS, Blois, Campus socialiste Blois, candidature Olivier Faure, écologie, extrême droite, gauche, jeunesse, justice sociale, Loir-et-Cher, politique française, présidentielle 2027, présidentielle 2027 PS., primaire de la gauche, socialisme écologique, Transition écologique, université d’été du PS
En clôture du Campus socialiste à Blois, ce samedi 29 août, Olivier Faure a prononcé un discours aux accents présidentiels. Alors qu’il entretient encore le suspense sur sa candidature à la présidentielle de 2027, le premier secrétaire du Parti socialiste a détaillé ses propositions autour de la transformation écologique, de la justice sociale, de la jeunesse et de la lutte contre l’extrême droite.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Un discours aux accents de candidature. Il voulait encore entretenir le suspense. Mais lors de son discours de clôture du Campus socialiste, Olivier Faure a livré une intervention qui ressemblait fortement à un discours de campagne présidentielle.
À l’issue de son intervention, interrogé sur une éventuelle candidature, le premier secrétaire du PS a répondu : « Oui, je suis prêt. Encore quelques jours ».
Olivier Faure devrait donc prochainement se déclarer, alors qu’il dispose jusqu’au 15 septembre pour faire connaître sa décision.
Dans un contexte de primaire à gauche et alors que plusieurs personnalités se sont déjà positionnées, le premier secrétaire socialiste entend défendre sa propre ligne, notamment autour de l’union de la gauche et des écologistes.
« L’heure du socialisme écologique a sonné »
Dès les premières minutes de son discours, Olivier Faure a donné le ton : « L’heure du socialisme écologique a sonné »
Pour le patron du PS, la transformation écologique ne peut plus être considérée comme une politique parmi d’autres.
« La transformation écologique doit imprégner toute notre action », affirme-t-il.
Il propose notamment la création d’un grand fonds national et européen, doté de ressources permanentes et destiné à financer sur plusieurs décennies la diversification des forêts, la gestion de l’eau, la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations ou encore l’adaptation des villes.
L’objectif affiché : faire de la bifurcation écologique un investissement national plutôt qu’une simple succession de mesures ponctuelles.

« Pas écolo, pas de cadeau » aux entreprises
Olivier Faure veut également conditionner davantage les aides accordées aux entreprises à leurs engagements environnementaux.
« Je propose de suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s’engage pas résolument dans sa propre transformation écologique. Pas écolo, pas de cadeau ! », lance-t-il devant les militants socialistes.
Face à ceux qui pourraient qualifier cette politique d’« écologie punitive », il répond que la véritable punition serait de ne pas agir face à la dette écologique.
Mais Olivier Faure insiste également sur la dimension sociale de la transition.
« On ne pénalise pas celui qui utilise sa voiture quand aucune alternative crédible n’existe », affirme-t-il.
Pour lui, « la justice sociale est la condition de la réussite de la transformation écologique ».
Une « autre abondance »
Le premier secrétaire du PS rejette l’idée d’une écologie fondée sur la restriction généralisée.
Son projet doit au contraire permettre de construire une « autre abondance » : davantage de transports publics, de logements confortables, d’arbres, de services publics, de temps, de santé et d’accès à la nature.
Il propose également une forme de « règle d’or » écologique, selon laquelle aucun budget de l’État ne pourrait être présenté s’il demande à la planète davantage de ressources qu’elle ne peut en fournir.
La jeunesse au cœur du discours
Autre axe majeur de son intervention : la jeunesse. Olivier Faure dit mesurer ce que les générations précédentes n’ont pas suffisamment transmis aux jeunes.
« Nous vous devons des excuses », lance-t-il, évoquant notamment le changement climatique, la pauvreté et les difficultés rencontrées par une partie de la jeunesse.
Le socialiste met également en avant la santé mentale des jeunes, le harcèlement numérique, les inégalités et les discriminations.
Parmi ses propositions : un retour massif des psychologues scolaires et des professionnels capables d’accompagner les élèves.
Il défend également des classes à 19 élèves, ainsi qu’un petit déjeuner gratuit dans les écoles pour les enfants arrivant à l’école le ventre vide.
« Économiser sur nos enfants, c’est faire tourner le monde à l’envers », affirme-t-il.
« Le feu » de l’extrême droite
Une large partie du discours a également été consacrée à la progression de l’extrême droite.
Olivier Faure utilise la métaphore du feu pour décrire ce qu’il considère comme une menace pour les acquis sociaux et républicains.
« Ce feu qui vient de l’extrême droite n’a pas besoin de vent pour se propager, il se nourrit de la peur, du ressentiment, des frustrations », affirme-t-il.
À huit mois de la présidentielle, il estime que l’extrême droite n’est plus simplement « à la porte du pouvoir », mais qu’elle a « déjà un pied dans l’entrebâillement ».
Pour Olivier Faure, la réponse doit passer par une gauche capable de renouer avec les classes populaires, la justice sociale et les grandes transformations.
« C’est nous qui changerons la vie »
Pour défendre cette ambition, Olivier Faure s’appuie sur l’histoire du socialisme français.
Il cite notamment François Mitterrand, Léon Blum et Lionel Jospin, et rappelle plusieurs grandes réformes portées par les gouvernements de gauche : congés payés, retraite, 35 heures, couverture maladie universelle ou encore mariage pour tous.
« Qui oserait dire que ces socialistes n’ont pas changé la vie ? », interroge-t-il.
Il affirme vouloir poursuivre ce combat sur plusieurs fronts, notamment contre les violences faites aux femmes et pour les enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance.
Une conception ouverte de l’identité française
Autre thème développé lors du discours : la nation et l’identité française.
Olivier Faure refuse de laisser ces questions à l’extrême droite. Il défend une conception ouverte de l’identité nationale, construite selon lui par les apports successifs de différentes populations. “L‘identité française ne s’est jamais construite dans la pureté, elle s’est construite dans la relation. Nous sommes une France qui n’est ni éternelle, ni nouvelle, mais vivante “.
“Un pays dont l’identité a évolué au fil des siècles, qui s’est métissé, un pays qui s’est enrichi de ses apports extérieurs ! aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l’appartenance à la nation”
Il ajoute “plus que jamais parce que le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme explosent dans notre société, nous devons nous battre contre les préjugés”.
« Personne ne nous reprendra le mot de nation », affirme-t-il.
Pour le premier secrétaire du PS, la nation doit être organisée autour d’un destin commun et de quatre principes : « liberté, égalité, fraternité, laïcité ».
« Nous sommes prêts » pour 2027
En conclusion, Olivier Faure a voulu donner une perspective présidentielle à son intervention.
Évoquant les grands défis à venir, il affirme : « Nous regardons le monde qui vient. Nous avons choisi de ne pas le subir. Nous sommes prêts à le transformer. »
Avant de lancer aux militants : « En 2027, la France a rendez-vous avec son histoire. Nous serons au rendez-vous ! ». Une conclusion qui ressemble fortement à un lancement de campagne
