Tampons et serviettes hygiéniques gratuits pour les étudiantes de la région

Face à la précarité menstruelle qui touche 4 millions de femmes, des distributeurs de tampons et de serviettes périodiques sont progressivement déployés dans les résidences universitaires des CROUS et les services de santé universitaires (SSU). Dans le Centre-Val de Loire, 13 nouveaux points viennent d’être équipés.

 

Par Estelle Boutheloup/ Medianawplus

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Sable, papier journal, mouchoir, papier toilette… Voici aujourd’hui les protections périodiques de certaines femmes en précarité menstruelle. De 2 millions en 2021, ce chiffre a doublé en 2023. « Cela signifie que près de 4 millions de personnes ont des difficultés, en France à se fournir en protections périodiques, et donc à vivre dignement leurs règles », explique l’association Règles Réglementaires, première association française de lutte contre la précarité menstruelle, dans une enquête menée par Opinion Way. Les plus concernées ? Les jeunes femmes de 18 à 24 ans, qui selon l’enquête « sont fréquemment dans l’impossibilité financière d’accéder à des protections périodiques, soit plus de 330 000 personnes. » Il faut dire qu’en moyenne, selon l’association, un paquet de 12 serviettes hygiéniques coûte environ 3€, à multiplier pour les personnes aux règles abondantes.

13 points sur les Campus de la Région

Face à cette situation d’urgence, véritable enjeu de santé publique et d’égalité, MESRI (Ministère ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), parlementaires, organisations étudiantes et Règles Réglementaires, ont lancé la mise en place en libre-service de distributeurs de protections hygiéniques gratuites, 100% bio et biodégradables, pour les étudiantes dans les résidences universitaires des CROUS et les services de santé universitaires (SSU). Objectif : 1500 points. « 717 distributeurs dans les résidences universitaires ont été installés et 319 distributeurs dans les structures de restauration », déclare David Martinez, Responsable de la mission de la communication au Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). 

« Ces distributeurs sont installés dans des lieux qui permettent de sassurer que les étudiantes aient bien connaissance de cette possibilité, tout en garantissant une certaine discrétion : laveries des résidences étudiantes, sanitaires ou toilettes. » Pour faciliter l’accès à ces distributeurs, une carte géolocalisée des lieux où se trouvent les distributeurs a été créée. Carte disponible sur tous les sites des Crous.

Ainsi, depuis début janvier, l’Université d’Orléans a équipé le campus sur sept points (Polytech Orléans – STAPS Orléans – Bibliothèque Universitaire de Lettres, Langues, Sciences humaines – Bibliothèque Universitaire Sciences, Technologies, STAPS – Bibliothèque Universitaire Droit, Economie, Gestion – Restaurant Le Lac – laveries des résidences universitaires). En plus des Campus de Chartres, Bourges, Châteauroux, laveries et résidence Rocheron à Blois. « Un succès variable selon les secteurs, pointe David Martinez. Dans certains cas les distributeurs sont très vite vidés, dans dautres, les produits fournis sont moins souvent pris. » Depuis septembre 2021, 12 millions de protections ont ainsi été distribuées gratuitement aux étudiantes par le réseau des Crous en France. En Centre-Val de Loire, un déploiement plus important est attendu à la rentrée 2023 si la démarche semble prendre.

Avec un prix du paquet en moyenne de 3 €, le coût des règles peut s'avérer un réel frein dans le budget mensuel des familles.

Remboursement des serviettes réutilisables

Complétée par un dispositif identique dans les collèges et lycées mais aussi établissements pénitentiaires, épiceries sociales, associations, ou encore foyers d’hébergement, cette démarche va plus loin. En effet, le 6 mars dernier, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé le « remboursement par la Sécurité sociale des protections périodiques réutilisables à partir de l’an prochain », et ce, « pour toutes les jeunes femmes de moins de 25 ans ». Une aide complémentaire bienvenue alors que 1,2 millions de femmes pourraient basculer dans la précarité menstruelle dans les 12 prochains mois, selon l’enquête Opinion Way.

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